Ambre Gaude, née en 1999 à Vence, est diplômée de l’École nationale supérieure d’arts de Nice, la Villa Arson. Captivée par les formes de la vie, elle explore, à travers la peinture, la sculpture, l’illustration et la peinture murale, les motifs et volumes du vivant.
Ambre Gaude, born in 1999 in Vence, graduated from the École nationale supérieure d’arts de Nice, Villa Arson. Captivated by the forms of life, she explores living patterns and structures through painting, sculpture, illustration, and mural painting.
« Chaque détail de la nature est un chef-d’œuvre», écrivait le naturaliste Georges-Louis Leclerc de Buffon. Mais souvent le monde du minuscule échappe au regard, lorsque la nature, dans ses détails infimes, semble résonner d’une vie trop discrète pour être perçue. La faune et la flore, dans leur infinie variété, demeurent cet univers fragile, complexe et pourtant essentiel, où chaque forme, chaque texture, chaque nuance tisse les fils invisibles de l’équilibre.
Ce mystère, cet élan vital, cette beauté souvent ignorée, c’est aussi la quête à laquelle Ambre Gaude s’adonne. Ses œuvres ne cherchent pas à simplement représenter la nature : elles la révèlent, l’explorent, la recomposent. Il s’agit moins d’une imitation que d’une communion, d’un dialogue entre l’art et le vivant, où le regard se perd dans les courbes délicates d’un insecte ou les ombres subtiles d’une feuille. Face à ces créations, le spectateur est invité à ralentir, à observer, à redécouvrir l’éclat du petit, de l’éphémère, du presque invisible.
L’artiste capte avec précision la complexité des textures, des formes, tout en insufflant une poésie subtile à son approche. Ce qui pourrait être simplement un exercice d’exactitude scientifique devient une méditation sur l’équilibre entre le détail et le tout, entre la matière et l’imaginaire. À travers ses peintures qui touchent à l’abstraction ou ses sculptures hyperréalistes, elle conjugue rigueur technique et sensibilité artistique pour atteindre l’essence même de la vie.
Chaque œuvre d’Ambre Gaude est une fenêtre ouverte sur une nature à la fois immédiate et intemporelle, un instant suspendu où le réel se mêle à l’intuition. Mais derrière cette beauté, une réflexion plus grave s’esquisse. L’artiste semble murmurer que ce qu’elle capture pourrait bien un jour s’effacer, que cette richesse fragile est aussi celle que l’humanité menace par son indifférence.
En sublimant la biodiversité locale, l’artiste ne se contente pas de célébrer le vivant : elle en fait un appel silencieux, une invitation à préserver ce qui, dans sa discrétion même, constitue notre plus grand trésor. Dans cet espace où le réel et le rêve se rejoignent, son œuvre s’élabore comme un éloge de la vie et un avertissement doux, mais profondément poignant. Et c’est peut-être là, dans cette quête de sens, que résonne la pensée de Gilbert Keith Chesterton : « Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles, mais uniquement par manque d’émerveillement. »